Nous entrons tranquillement dans la période estivale qui est toujours une excellente occasion de revoir les bases de la réussite d’un projet de RA (ou de XR) en entreprise. Je dois avouer que la présentation de Brad Scoggin, cofondateur et PDG d’ArborXR, qui présente son expérience basée sur des collaborations avec plus de deux mille entreprises dans le monde, est une parfaite entrée en matière. Le constat initial est brutal, la technologie XR transforme radicalement les processus d’apprentissage et de mémorisation, mais l’écrasante majorité des programmes d’entreprise finissent par s’enliser ou par mourir dès la phase de projet pilote. Il propose donc 5 cinq facteurs d’échec systématiques qui détruisent la pérennité de ces initiatives immersives. Les voici !
La défaillance ou l’absence du « Champion XR »
C’est presque le serpent de mer de tous les projets IT « innovants ». Il faut trouver le sponsor interne qui a à la fois une vision claire de l’intégration de la technologie dans l’institution, l’oreille du COMEX et la confiance du terrain. Cela peut vous paraitre étonnant qu’en 2026 la RA ait encore besoin de ce type de profil, mais c’est malheureusement un indice flagrant de sa faible reconnaissance dans beaucoup d’usages. Aujourd’hui, je dois toujours convaincre de l’intérêt et de l’efficacité de l’expertise à distance pour la maintenance industrielle, auprès d’entreprises qui ont des difficultés de recrutement et qui ont toutes les peines du monde à assurer le SAV. D’autres doivent expliquer le bénéfice de l’essayage virtuel pour la réassurance du client alors que les premières mises en place ont 20 ans. Trouver ce sponsor (cela peut aussi être plusieurs personnes) reste particulièrement important si vous voulez construire une relation durable avec votre client. Petit conseil, évitez les « responsables de tout » qui ont une certaine tendance à passer de « head of XR » à « head of IA » puis demain à « head of quantum ». Privilégiez aussi, surtout dans les grandes entreprises, un couple maitre/apprenti (comme les Jedis) pour éviter de vous retrouver seul quand le maitre décide de changer d’entreprise.
Le mauvais choix du cas d’usage et de l’éditeur de logiciel

Vouloir implémenter une solution trop complexe dès le départ est une erreur fatale. J’ai souvent parlé ici de l’importance de la définition stricte des besoins et de l’obligation de cibler en premier les besoins simples permettant un gain d’efficacité immédiat et mesurable. Quand je commence à mettre en place de la RA dans une entreprise, je « joue pour gagner », pas pour tester, pas pour expérimenter. Un ROI raisonnable doit absolument être la conclusion de cette phase. Ensuite, quand les personnes connaitront un peu mieux la technologie et ses avantages, nous aurons le temps pour adresser des situations plus complexes et faire réellement des expérimentations. Et croyez-moi, il est parfois subtil d’arriver à convaincre un client de commencer par faire simple !
Le manque d’anticipation et de suivi du ROI
Ne pas planifier la mesure du retour sur investissement dès le premier jour condamne le programme. Si les indicateurs clés de performance ne sont pas rigoureusement définis, le projet se retrouve sans défense lorsque la direction exige des preuves chiffrées pour débloquer les budgets suivants. Et cela vous aide aussi si votre champion XR quitte l’entreprise ou passe à autre chose. Attention cependant, la définition du ROI n’est pas si évidente que cela et parfois, elle est envisagée différemment suivant vos interlocuteurs. Le savoir-faire du prestataire de RA est de négocier des métriques sur lesquelles toutes les parties prenantes du projet se retrouvent.
Le verrouillage fournisseur (Vendor Lock)
Céder à l’attrait d’une solution « tout-en-un » ou fermée (walled garden) par souci de simplicité initiale est un piège à long terme. Cela peut être intéressant au tout début pour montrer rapidement les usages pertinents, voire tester des scénarios utilisateurs. Mais aucun déploiement d’envergure ne peut rester lié à un seul type de matériel ou à une solution de gestion propriétaire (comme les solutions de Meta qui changent constamment de stratégie). Une entreprise sérieuse finit toujours par combiner plusieurs types d’appareils (casque, lunettes, smartphone, tablette) et plusieurs technologies (RV, RA, 360°) car aujourd’hui le « one fits all » n’existe pas. Prendre cela en compte dès le début permet de découpler le matériel, le logiciel, les données comme dans tout bon projet IT. L’avenir est incertain (il n’y a qu’à suivre l’explosion des lunettes IA/RA/XR) mais le projet est souple !
Le cloisonnement de la formation
C’est un point particulier pour le secteur de la formation abordé par Brad Scoggin mais on pourrait facilement l’étendre. Pour le dire simplement, isoler la formation en RA ou en XR du reste des outils de l’entreprise crée des frictions qui tuent l’adoption par les employés ou les apprenants. Si l’utilisateur doit quitter ses outils habituels, aller dans une autre pièce et manipuler un système déconnecté sans remontée automatique des scores, le programme échoue. Pour survivre, l’expérience XR doit s’intégrer directement et de manière transparente dans le système de gestion de l’apprentissage (LMS) existant de l’entreprise et même dans les outils de production. En effet, entre apprendre un geste de manière guidée et être guidé sur le terrain pour faire le même geste, où se trouve la différence ?
Bref, un petit rappel des bonnes pratiques à garder en tête pour que votre projet de RA, que vous soyez prestataire ou utilisateur, se passe bien et se poursuive longtemps !
N’oubliez pas de regarder la vidéo de cette intervention !
Note : cet article est écrit en utilisant une assistance IA suivant les principes décrits par le manifeste « L’IA amplifie, l’humain éclaire« .


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